Jean Calvin Nama-Ntse : « Lorsque des personnalités influentes sont vaccinées en public, …la population suit leur exemple »

En collaboration avec plus de 2300 agents mobilisateurs de communautés et 1450 équipes de vaccination, des responsables locaux ont joué un rôle crucial dans le succès de la campagne de vaccination contre la COVID-19 qui a permis de vacciner 52 000 personnes en seulement cinq jours en juillet dernier, à travers le Cameroun.

M. Jean Calvin Nama-Ntse, chef de la communauté, s’emploie à instaurer la confiance dans les vaccins anti-COVID-19 au sein des communautés Nkomassia et Nkolbisson de Yaoundé, la capitale du pays. Membre de la communauté depuis sa naissance, il est chef traditionnel et porte la double casquette de président du district sanitaire de Nkolbisson et de président du comité de gestion du centre de santé intégré de Nkolbisson.

Parlez-nous des communautés avec lesquelles vous travaillez.

Ici, dans le nord de Yaoundé, nous avons aussi bien des  zones rurales que des centres urbains. La communauté compte plus de 80 000 personnes qui viennent de tout le Cameroun et d’autres pays africains comme le Mali, la République du Congo, le Burundi et la République centrafricaine. Toutes ces personnes ne pratiquent pas la même religion et nous respectons leur droit de s’adonner librement à leurs religions respectives. Nous ne sommes pas une communauté riche et la plupart des membres de la collectivité vivent de petites activités ou du commerce informel.

Quels sont les plus grands défis qui entravent la lutte contre la COVID-19 et la demande de vaccins ?

Notre population est relativement jeune et si, de façon générale, nous sommes bien informés, certains ne sont pas conscients de tous les risques liés à la COVID-19, ce qui explique qu’une tranche de la communauté n’adhère pas aux mesures de prévention ou ne souhaite pas se faire vacciner.

Malgré le flux d’informations qui circulent sur la COVID-19, la vaccination continue de susciter peur, doute et scepticisme. La désinformation et les rumeurs montées de toutes pièces par certaines personnes se propagent sur les réseaux sociaux et entretiennent le doute et la réticence à se faire vacciner, exposant ainsi de nombreuses personnes à un risque accru d’infection.

Quels sont les principaux enseignements à tirer de votre travail ?

D’après mon expérience, les personnes qui ont contracté la maladie ou qui ont vu d’autres en souffrir sont beaucoup plus conscientes des risques et sont plus réceptives à la vaccination. Je suis certain que si nous sollicitons davantage ces personnes à intervenir comme agents de sensibilisation, cela contribuerait à accroître le taux d’administration des vaccins.

Par ailleurs, lorsque des personnalités influentes sont vaccinées en public, en particulier des figures emblématiques des médias, des artistes et des dignitaires religieux, la population suit leur exemple. En tant que responsable communautaire, j’ai tenu à me faire vacciner en public.

En vue de renforcer la confiance de la communauté et d’inciter davantage de personnes à se faire vacciner, il convient d’installer des points de vaccination dans les espaces publics, notamment dans les marchés, à des carrefours ou à proximité des églises.

Parlez-nous du soutien que vous avez reçu de l’OMS et de ses partenaires.

J’ai participé aux ateliers sur la mobilisation communautaire, le plaidoyer et l’accès à davantage de ressources pour mener des campagnes de vaccination. Celles-ci sont menées par le Ministère de la santé publique, avec l’Organisation mondiale de la Santé (OMS), l’UNICEF et l’agence allemande de coopération internationale (GIZ).

J’ai aussi participé aux réunions du conseil municipal, mené par les responsables sanitaires du district. Ces réunions nous ont aidé à renforcer la demande de vaccins anti-COVID-19 dans nos communautés. Environ 300 personnes ont pour l’instant été touchées par ces formations et davantage de sessions sont prévues cette année.

J’ai ainsi appris à travailler plus étroitement avec nos communautés, en faisant des discours sur la COVID-19 et le besoin de se faire vacciner sur les marchés locaux et les endroits publics. Nous avons rendu visite aux familles pour leur parler en privé. Nous avons fait des exposés à des associations locales et nous avons travaillé avec les médias locaux. Nous avons aussi travaillé avec les chefs religieux et les autorités gouvernementales locales sur la diffusion de messages de prévention, dans la mesure où les populations leur font confiance et les écoutent.

Désormais, je n’utilise que les informations qui proviennent de sources fiables, parmi lesquels le gouvernement, l’OMS et bien sûr ma propre expérience personnelle.

Source : OMS Cameroun

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